Partager l'article ! Le pourquoi du comment...: Petit garçon, en Algérie, je me souviens de mon jeu préféré. Ma grande sœur, à l’imagination aussi vive q ...
Petit garçon, en Algérie, je me souviens de mon jeu préféré.
Ma grande sœur, à l’imagination aussi vive que la mienne, me rejoignait dans ma chambre pour préparer le jeu...
Car la préparation était essentielle ! Souvent, cela se passait sur mon lit…

Nous rassemblions tous les accessoires qui allaient nous permettre de mettre au point « l’histoire ».
Tout d’abord les figurants… et les petits soldats se mêlaient aux petits cow-boys, aux chevaliers et à tout ce que nous avions comme petites figurines, poupées, peluches. Ensuite, les
voitures, camions, avions...
Enfin, tous les véhicules dont nous disposions! Certains, comme les peluches étaient disproportionnés, et nous avions déjà cet œil critique de "metteur en scène"! Alors
ils serviraient de décor, de montagnes ou autre...

Chacun d’eux avait une vraie histoire !
Je me souviens que lorsqu’une occasion, bonne conduite, travail à l’école ou autre méritait une récompense, ma mère m’amenait « au magasin vert ».
C’était un magasin de jouets pas loin de chez nous, et je pouvais choisir « un » jouet, seulement « un » !
Ma mère s’armait de patience, car elle savait que j’allais longtemps hésiter…
Je savais qu’elle ne se laisserait pas attendrir, et que je ne pourrais repartir qu’avec un seul jouet.
Alors, il s’agissait de ne pas me tromper !
Tous, bien sûr me tentaient, mais il fallait faire un choix, et ça n’était jamais facile !

Bref, chacun de ses jouets était choisis pour des tas de raisons, mais toutes étaient importantes à mes yeux, et j’avais donc un attachement particulier pour chacun de ses petits personnages…
Qu’il s’agisse d’une petite voiture ou d’un camion, j’avais le même attachement. Chaque petit objet avait pour moi une particularité, une spécificité qui l’avait promu, pour un instant, «
Roi des jouets de ce magasin ».
Donc, sur mon lit, s’étalaient en vrac tous les objets dont nous disposions, coussins, peluches, livres etc… Les poupées de ma sœur venaient rejoindre le « camp ». C’est comme ça que nous
appelions l’espèce de mise en scène crée sur le lit. Les plis des couvertures servaient au paysage, et divers objet se transformaient en maison, château, pont ou autre.
Nous préparions l’ Aventure !
Tout en plaçant soigneusement les différents éléments et figurants de l’histoire, nous parlions de cette aventure qui allait se dérouler, là, sur ce lit. Il était devenu un véritable petit monde
dans lequel nous nous glissions peu à peu en nous mêlant aux petites figurines... D'ailleurs elles commençaient à parler, et à bouger…
Mais il n'était pas question de commencer tant que tout n’avait pas été mis au point !
L’histoire prenait une importance capitale, et il fallait se mettre d'accord sur les rebondissements futurs de l’aventure. Débats qui tournaient parfois en durs affrontements !
Chacun de nous deux voulait mettre son empreinte sur les événements, et nous n’acceptions pas toujours facilement les idées de l’autre dans cette histoire qui se bâtissait peu à peu.
Et là… maman appelait!
Comme d’habitude, nous n’avions pas vu passer le temps…
Ma mère entrait dans la chambre, et prononçait cette phrase terrible, qui chaque fois nous laissait sans force, étourdis par la chute brutale du passage de notre monde, à la réalité.
- « rangez tout, lavez vos mains, et à table ! »…
Voilà… nous n’avons je crois, jamais joué à aucune de ses aventures soigneusement mises en place…
Alors, je me suis donc dit, à 54 ans, qu’il était temps pour moi de combler ce manque.
j’ai commencé à écrire en en me souvenant de toutes ses histoires inachevées. Ces histoires qui auraient dues se jouer sur le lit de mon enfance. Avec ce passé lointain, pas vraiment clair, comme
le sont les souvenirs de la petite enfance, ce passé un peu flou, comme noyé dans ce brouillard jaune, mélange du soleil et de la terre de mon enfance… et puis les souvenirs des expériences
nombreuses, de ma vie d’adolescent et d’adulte, riches d'aventures dans des univers tellement différents ! J'ai parfois l'impression que j'ai cherché tout au long de ma vie à rassembler ce qui me
servirait à écrire de telles histoires.
Voici donc la première... je l'éspère, d'une longue série!